mercredi 2 février 2011

"Mais c'est plus fort que moi tu vois, je n'y peux rien. Ce monde n'est pas pour moi, ce monde n'est pas le mien."

J'allais bien pourtant, je vous jure que j'allais mieux. J'avais de l'espoir et de la force, et de l'amour à revendre. J'en ai toujours de l'amour, par paquets de 300kg, mais je sais pas à qui le donner. Le seul à qui je voudrais offrir tout ça n'a pas l'air de le vouloir vraiment. Et puis mon corps est relou, tous ces petits problèmes me prennent la tête et l'esprit. Je me sens incapable d'avancer, de continuer comme ça. Je me sens vide. Ce mot n'a jamais eu autant de sens qu'aujourd'hui. Même respirer me fait mal, j'ai envie de m'écrouler à chaque inspiration que je prends. Marcher me demande une force surhumaine, parler encore plus. Taper sur un clavier, ça va encore. Je peux pas vivre tout seule, comme ça, bloquée dans ma chambre en attendant chaque vendredi soir, en me disant que peut-être, cette fois, il me fera me sentir mieux. Rien n'y fait. Et je peux pas m'en sortir seule. Je sais pas ce que je dois faire, je sais pas ce que je dois dire. Je ne sais même pas vraiment pourquoi je me sens si mal. Je n'ai ni envie de me pendre ni de m'étouffer avec des comprimés. Seulement une putain d'envie de disparaitre. Un besoin. Besoin que quelqu'un soit là, me parle, me comprenne, me soutienne. M'aime et accepte l'amour que je peux lui donner. Besoin de quelqu'un pour me sauver. Je comprends pas pourquoi je suis retombée si bas. J'ai l'impression d'être retournée au collège, quand je me baladais dans les cimetières et que je ne voyais pas ma vie après 17 ans. Maintenant j'en ai 18, mais je ressens exactement la même chose qu'à l'époque où je mettais des mitaines et trouvais les émos de Bastille très sexys (oui, bon, on a tous une période pas très glorieuse). Je veux pas sortir, je veux pas dormir, je ne veux pas croiser ma mère dans le couloir. Je voudrais me cacher dans un petit coin et attendre que le temps m'emporte. Le sang que je fais couler n'y change rien, les cigarettes et les joints que je fume ne m'aident pas. Mais je continue, je me dis qu'au moins ça me soulage 5 minutes. J'ai peur. Je veux pas être comme ça toute ma vie. Comme l'impression que mon cœur peut lâcher à tout moment. Et tout ça, je voudrais le crier sur les toits. Je voudrais raconter ma vie à chaque personne que je croise dans la rue. Je voudrais écrire un livre, devenir célèbre et pouvoir m'acheter plein de fringues et être aimée et admirée par tout le monde, me dire qu'au moins cette souffrance me fait gagner de l'argent. Ou bien continuer mes études avec brio, habiter à Berlin et faire plein de bébés allemands avec un bel allemand même pas néonazi. C'est la seule chose qui me fait continuer. J'ai encore un peu d'espoir. Mais je ne sais pas comment y parvenir, j'ai l'impression que l'avenir n'arrivera jamais et que quand il sera là je me demanderai pourquoi je n'ai pas profité du passé. Je m'en veux, j'ai honte, je voudrais aller bien mais je ne sais pas comment faire. J'ai vraiment besoin de quelqu'un. Et je veux partir d'ici, putain. Quitter cette ville de vieux, habiter dans une chambre de bonne place de Clichy qui me coutera 900€ par mois, et manger tout le temps des pâtes, et m'habiller dans les brocantes. Je crève à petit feu dans ce trou. J'en peux plus de ce bordel permanent, des cendriers renversés, des fringues à la Boltanski, des sachets de thé par terre. Mais j'ai pas la force de ranger. J'ai pas la force d'avancer, pas la force d'aller mieux. Pas comme ça, pas toute seule. J'ai pas la force d'arrêter d'écrire. Je sais bien que cet article sera trop long, et décousu et inutile et égoïste, mais ça me fait un peu de bien de lâcher tout ça ici, car c'est le seul endroit où je peux me le permettre. J'allume une clope, je suis contente car elles sont parties. Maintenant j'attends ce soir, j'attends la weed de l'un et les caresses de l'autre, tout en sachant que demain rien n'aura changé. Rien n'a changé depuis toutes ces années. J'ai l'impression de trainer avec moi un boulet de moisissure qui atteindra bientôt mon cœur et mon cerveau. Je suis au fond du gouffre, au bout du rouleau, tout ça. Et j'en suis désolée, et j'ai honte, je veux pas vous saouler avec cette déprime non passagère, je veux pas vous causer du soucis. A ce niveau là vous ne pouvez rien pour moi, et je ne sais pas si la personne qui pourrait m'aider est née à l'heure qu'il est. Certains cherchent une âme sœur, moi je veux un sauveur. Et je sais bien que c'est égoïste et que ce n'est pas forcément la solution. Mais je m'en fous. J'ai le cœur trop serré pour parvenir à réfléchir à faire quelque chose de logique et censée. Je vais peut-être arrêter maintenant, ça veut mieux pour vos yeux et mes neurones qui commencent à flipper. Merci à ceux qui auront lu ce torchon jusqu'au bout.

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